Une équipe d’ID AERO a eu le plaisir de visiter la toute nouvelle usine DASSAULT installée à Cergy (Val-d’Oise). La présente lettre TBM relate ce que nous avons vu au cours de cette visite. D’un mot : c’est très encourageant pour toutes celles et ceux qui ont gardé l’espoir d’un retour de l’industrie française.
Nous avons constaté que l’innovation, la compétitivité étaient en action dans un environnement social réussi. À Cergy sont réalisées les préconisations trop souvent cryptées dans les livres de nos meilleurs penseurs.
Cergy, n’est-ce pas la preuve d’une confiance en l’avenir de l’industrie aéronautique française ?
Mais aussi une marque de foi dans le destin prometteur du RAFALE et des FALCON.
Pouvions-nous choisir un meilleur titre à notre article que « MADE IN FRANCE » ?

Nous remercions la société Dassault pour son accueil. En particulier :
M. Éric TRAPPIER, PDG Dassault Aviation, ayant autorisé cette visite.
M. Mathieu DURAND, Direction de la communication, pour avoir programmé et suivi notre visite.
M. Emmanuel THERET, directeur de l’usine, avec lequel nous avons eu un riche échange.
M. Thierry F., qui nous a guidés, expliqué et répondu à toutes nos questions techniques.
M. Romain C., secrétaire du CSE, consulté sur le personnel et les conditions de travail.
D’ARGENTEUIL À CERGY
Il y a 75 ans, Marcel Dassault et son ami POTEZ, louent un vaste atelier de 63 000 m² situé à Argenteuil occupé par la société Lorraine depuis le début du siècle. L’homme au chapeau n’aime guère le statut de locataire. Il rachète donc l’ensemble de cet atelier qui deviendra l’usine Dassault Argenteuil.
La photo ci-après montre la chaîne de montage du célèbre Mirage IV, en date de 1963.
L’usine Dassault Argenteuil a vu passer entre ses murs pratiquement tous les fuselages des célèbres avions au trèfle : Mystère IV, Super Mystère B2, Mirage III, Mirage IV, Mirage F1, Mirage 2000, Falcon 900, Mirage 2000-5 et …RAFALE.

En 2016, Éric TRAPPIER qui a pris la tête de Dassault Aviation en 2013, lance un plan de transformation de la société adapté à l’état du marché : la France ne commande plus de Rafale, l’export n’est qu’à son début, le marché des avions d’affaires est à l’étiage. Selon son habitude, le PDG s’en ouvre sans détour, devant les élus du personnel en ces termes :
Le nombre de nos établissements, lié à l'histoire, nous pénalise par rapport à nos concurrents et nous oblige à regarder vers une plus grande spécialisation de nos usines au moment où des choix industriels doivent être faits pour être en capacité de lancer de futurs programmes.
L’électrochoc produit par l’allusion au surnombre d’établissements va amener le syndicat CGT de l’usine d’Argenteuil, à proposer son transfert vers un établissement plus moderne. Des plans sont proposés pour une nouvelle usine à Saint-Ouen-l’Aumône.
Une telle démarche peut surprendre. Pourtant, le projet retient l’attention du PDG. Nous sommes chez Dassault, une Société où les poncifs patron-ouvrier s’appliquent différemment. Un esprit de corps intervient dès lors que l'intérêt de la Société est en jeu.
Après étude et recherche, la société Dassault lance la construction d’une usine à Cergy dotée de toutes les vertus de la modernité.

CERGY : USINE ULTRA-MODERNE
Nos lecteurs sont probablement comme nous, dubitatifs, quand ils entendent parler d’usine 4.0, voire 5.0. Des « futuristes » parlent même de 6.0. Pourquoi pas ? Dassault suivant sa tradition de « penser à long terme » a réfléchi deux ans avant de lancer la construction de sa nouvelle usine de CERGY. Pendant quatre ans il veillera sur les travaux.
Six ans se sont écoulés, avant d’aboutir à son inauguration en 2025. Certes, le COVID explique une partie de ce délai, mais c’est surtout l’exigence de qualité et de spécificité qui a coûté du temps et de l’argent.
La construction d’un bâtiment ordinaire aurait demandé 18 mois pour un coût de 40 M€.
L’exigence de Dassault triple ces valeurs. L’usine DASSAULT de CERGY avec 40 000 m² de surface couverte, installée sur un vaste terrain de 11 hectares, coûtera, selon nos estimations, environ 150 M€.

SOMMES-NOUS DEVANT UNE USINE ?
En arrivant devant l’entrée de l’établissement, on peut s’y méprendre.
La façade fait plutôt penser à celle d’une banque qu’à celle d’une usine où l’on monte les célèbres RAFALE.
Derrière ces panneaux de verre et d’acier, des surprises nous attendent.

Première surprise : la lumière tombe du toit en inondant cet immense atelier.
Dassault n’a pas attendu les judicieux conseils d’Elton Mayo pour l’éclairage des locaux de travail. Par expérience, on sait que le compagnon travaillera mieux si l’atelier est bien éclairé.
Seconde surprise : une température agréable, durant toute la durée de notre visite.
Troisième surprise : aucun bruit ! Une sacrée différence par rapport aux ateliers de la génération précédente que nous avons connus !
UN RAFALE NAÎT SOUS NOS YEUX
Ainsi, dans les meilleures conditions de confort, nous allons parcourir les 1 500 mètres de coursives surplombant l’atelier et assister à la création d’un fuselage RAFALE.
À notre point de départ, nous ne voyons que quelques panneaux métalliques installés sur un modeste bâti.
Puis de poste en poste, nous voyons le tronçon avant prendre forme.
À notre point d’arrivée, il y a un fuselage RAFALE équipé prêt à partir pour Mérignac.
Ce parcours n’a pris qu’une heure, mais représente une gestation de six mois de travail entre le premier panneau métallique et le fuselage équipé.
Pour être précis, cette gestation à Cergy se déroule en périodes entrecoupées d’aller-retour avec l'usine d’Anglet responsable des tronçons arrière de l'avion.
En aval, les Bordelais lui poseront sa voilure, glisseront ses deux M88 dans leur logement, installeront le radar… et HOP le Rafale prendra son envol.

À CERGY, TOUT EST BIEN ÉCLAIRÉ, RANGÉ, ALIGNÉ, FONCTIONNEL
Nos lecteurs ont dû lire, comme nous, que l’usine moderne « se devait » d’appliquer les grandes règles venues du Japon mises au point durant l’apothéose de Toyota. Nous étions à cette époque abreuvés de théories sibyllines comme : lean manufacturing*, 5S*, six sigma*, Hoshin*, Kanban*, SMED*, TPM*, PDCA*…. De quoi donner le vertige et surtout aboutir à une totale confusion dans les sociétés cherchant à les appliquer sans discernement.
Ce ne fut pas le cas chez Dassault. Depuis longtemps, toutes ces théories étaient en application. En effet, fabriquer un avion avec toutes ses complexités, devoir le livrer en temps et en heure au prix convenu avec le client, contraint le constructeur à une organisation parfaite ne permettant pas le moindre défaut.
Dassault ne fut pas le seul à ne pas s’en laisser conter avec les théories du Pays du soleil levant. L’inoubliable Jack Welsh, patron de General Electric, avait même apostasié le très populaire ERP* coupable, selon lui, d’ossifier les mauvaises procédures en place !
Dassault, lui, avait résumé toutes ces règles en une seule : « le client est Roi ! ». Le message subliminal ainsi adressé au personnel était : Messieurs les directeurs, ingénieurs, techniciens, ouvriers, employés, arrangez-vous comme vous voulez, mais le client doit être satisfait de notre travail !
Ce « mot d’ordre » est en application à Cergy où tout est bien éclairé, les outillages rangés à portée de main, le travail s’y déroule en souplesse sur les chaînes … et donne l’impression qu’une force tranquille est à l’œuvre. Avec une régularité de métronome, chaque mois, quatre fuselages Rafale équipés des circuits électriques, hydrauliques, carburant, conditionnement d’air, calculateurs, actionneurs de gouvernes et trains d’atterrissage, testés, partent de Cergy pour Mérignac où ils effectueront leur premier vol.
ROBOTS ET COMPAGNONS
Dans cette usine ultra moderne, on peut s’étonner d’y voir aussi peu de robots. Le montage des séries d’avions militaires est peu robotisé. La principale raison est que le gros du travail nécessite la main de l’homme. En particulier pour installer autant d’éléments dans un volume aussi réduit. Un travail d’artisan. Ici, on ne parle pas d’ouvriers, mais de compagnons rappelant le compagnonnage et la noblesse du travail manuel.
Malgré l’évolution des métiers, les ouvriers de l’aéronautique gardent cette tradition du travail bien fait.
Un des leurs, chaudronnier dans l’atelier Dassault Saint-Cloud a écrit un livre « tu seras choumac » relatant parfaitement cet esprit.
C’est bien cet état d’esprit qui plane encore dans les belles allées modernes de l’usine de CERGY. Ni les robots ni l’IA n’y changeront rien.

LE CULTE DU PÈRE FONDATEUR
Les murs des coursives sont agrémentés d’une photo de Marcel Dassault et d’un grand panorama de tous les avions produits par la société depuis l’OURAGAN jusqu’au RAFALE.
Ici, on voue un vrai culte au père fondateur.
Ce culte est la base d’un solide esprit de corps, et c’est une des clés de la réussite des avions malgré la concurrence parfois féroce des Américains.


DUALITÉ
Les deux photos ci-dessous illustrent la cohabitation existant à Cergy.
Cohabitation robots-compagnons et cohabitation civil-militaire.
La première, les compagnons sont aux prises avec une cellule de Falcon/civil. La seconde, ce sont les techniciens qui testent les circuits hydrauliques du Rafale/militaire. Cette dualité civil-militaire, grâce à leur cycle décalé, a permis à Dassault de traverser de nombreuses crises.
La dualité, c'est aussi la possibilité pour le personnel de passer du RAFALE au Falcon, et inversement, au cours de leur carrière.


INTERROGATION
En voyant cet immense atelier peuplé d’ouvriers autour de tronçons de fuselage, on peut se dire : tout ça, n’est que du métal. Et s’interroger ensuite : mais où sont donc cachés les fameux secrets industriels auxquels tient tant le PDG, Éric TRAPPIER ?
Comme beaucoup d’observateurs de l’activité aéronautique, nous avons été impressionnés par l’énergique opposition de M. Éric TRAPPIER à la demande du partenaire allemand du SCAF d’avoir accès au système d’armes et commandes de vol.
Pour mettre un brin de légèreté dans cette visite très sérieuse, nous avons posé la question :
- Mais où se cachent donc vos secrets industriels ?
- (Question insensée puisque c’est un secret !)
Quoi qu’il en soit, les compagnons qui s’activent à ces postes semblent parfaitement à l’aise au milieu de cette complexité et des secrets : l’écran informatique placé à proximité est devenu le « compagnon virtuel fidèle et sûr » du « compagnon humain » dans cette usine digitalisée.
DIGITALISATION
En parcourant les allées de l’usine, nous observons un grand nombre de portables et d’écrans informatiques. À l’évidence Cergy est digitalisée à 100%. Ce que nous confirme le Directeur de l’usine au cours de notre conversation.
Dassault Aviation bénéficie d’un sérieux avantage par rapport à ses concurrents grâce à Dassault Systèmes. Cette dernière créée à partir d’une équipe issue de Dassault Aviation est devenue, au fil des ans, le leader mondial des logiciels de conception et de fabrication ; l’un des plus célèbres étant CATIA.
Il n’est donc pas surprenant que cette usine flambant neuve bénéficie de toutes les nouveautés allant du numérique à l’IA.
NUMÉRIQUE ET INTELLIGENCE ARTIFICIELLE
Au cours de l’exposé liminaire préalable à la visite de l’atelier, nous avons évoqué les nouveaux outils utilisés à Cergy. Malgré leurs noms ésotériques, tous ces outils ont une grande efficacité. Pour preuve : les avions sortent régulièrement en bout de chaîne, « bons pour le service ».
3DExperience. Cet outil Dassault Systèmes permet de connecter les personnes, les idées, les données et les solutions au sein d'un environnement collaboratif unique. La plate-forme fournit une version unique des données, évitant les difficultés dues aux fichiers multiples.
SAP Ce logiciel de planification des tâches est allemand. Il a été reconnu comme « best athlete » dans sa catégorie et, à ce titre, adopté par Dassault.
DELMIA APRISIO est le tout nouvel achat de Dassault Systèmes aux États-Unis.
Cet outil est orienté fabrication. Difficile de le résumer tant ses fonctions sont multiples.
Avec APRISIO on parle :
De gestion des opérations de fabrication (MOM)/système d'exécution de la fabrication (MES),
De transformation numérique de manière unifiée, flexible,
De jumeau virtuel,
De réseau de fabrication (usines, lignes et cellules de travail) contenant toutes les données de fabrication, combinée au modèle.
De réalité augmentée…

IA : Dassault s’est adressé au Français MISTRAL open source le seul qui lui convenait pour travailler avec son propre datacenter. Chez Dassault, compte tenu de la nature du travail secret-Défense, les datas sont un sujet sensible. Elles doivent être accessibles en interne et absolument impénétrables de l’extérieur. Par ailleurs la base de données utilisées dans le travail doit être unique. La sortie sans heurt des Rafale et Falcon en bout de chaîne prouve que Dassault est parvenu à cette unité.
MATIÈRE GRISE
Nous l’avons dit, l’usine est à 100 % digitalisée.
En longeant les coursives, nous avons d’un côté le spectacle concret du Rafale en construction et de l’autre côté de grands bureaux où règne l’abstrait.
Des ingénieurs, des techniciens brassent des logiciels qui serviront à la chaîne de fabrication.
Ce côté de la galerie est certes moins spectaculaire pour le visiteur, et pourtant c’est de là que partent les plans, les méthodes, les procédures … qui assureront le bon déroulement du montage des avions.

CERGY : UNE AUBAINE POUR L’EMPLOI
Le programme RAFALE connaît un formidable succès mondial avec 300 avions déjà livrés et 220 restants à livrer, sans compter le marché indien de 114 exemplaires en cours de négociation, ni les 100 RAFALE évoqués par l’UKRAINE une fois la Paix revenue. Le RAFALE a apporté un énorme ballon d’oxygène pour l’emploi en France, non seulement pour Dassault, mais aussi pour des centaines de sous-traitants.
Dassault Aviation connaît actuellement un ramp-up remarquable illustré par le tableau ci-dessous des livraisons RAFALE et FALCON.
années | RAFALE | FALCON |
|---|---|---|
2024 | 21 | 31 |
2025 | 26 | 37 |
2026 prévision | 28 | 40 |
À Mérignac, usine du montage final, la cadence RAFALE prévue est de monter à 4 avions/mois en 2028-2029.

CERGY : Dassault recrute
Fait notable pour une société comme Dassault à la pointe du progrès, le recrutement concerne toutes les catégories professionnelles, en particulier des professionnels d’atelier.
Sur la liste des 105 emplois à pourvoir, on peut lire : Pontier/pontière ; apprenti bac pro ajusteur, contrôleur réception, stage ingénieur de production…

CERGY : une chance pour les sous-traitants locaux
Comme toutes les entreprises du secteur aéronautique, Dassault Aviation a subi les crises frappant l’aéronautique dans les années 1990. La conséquence pour l'usine d’Argenteuil fut une réduction de moitié de son effectif qui s'est par la suite stabilisé à un peu plus de 600 salariés. Quasiment tous ont rejoint la nouvelle usine de Cergy.
Cette usine connaît une remontée d’effectif correspondant à la croissance de la charge de travail procurée par les ventes à l’export du RAFALE.
Mais l’usine de Cergy et le succès du RAFALE sont également une aubaine pour les sous-traitants locaux. En témoigne la répartition du personnel présent dans l’usine lors de notre visite (mars 2026).
- Personnel Dassault : 600 dont environ 50 % de compagnons
- Personnel extérieur : 490
Nous arrivons à l’équation simple : « personnel extra-muros » ≃ « personnel intra-muros »
CERGY : RÉINDUSTRIALISATION
Notre pays a connu une désastreuse période de désindustrialisation durant la période 1995-2015. L’effectif de notre industrie a fondu de moitié. De nombreuses PME, pour des motifs divers, ont délocalisé leur activité ou bien, ont fermé.
Le livre de Nicolas DUFFOURQ, ci-après, fournit une analyse de cette sombre période.
Chez Dassault, l’esprit « au service de la France » inculqué par le père fondateur, Marcel Dassault, reste un principe de base.
Les productions militaires doivent rester en France. Des centaines de sous-traitants français en profitent.
La société Dassault avec l’implantation de cette nouvelle usine à Cergy participe à l’effort actuel de réindustrialisation. Elle reste fidèle à son esprit originel du « Made in France ». Ceci reste vrai même si le surcroît de charges apportées par le Rafale, et les compensations dues à la suite des commandes indiennes, amènent la société à recourir à du « Make in India ». Le Directeur de l’usine déclare y voir un avantage : le départ de certaines charges Falcon va libérer une surface qui sera la bienvenue pour d'autres productions.

CERGY : SOBRIÉTÉ ET ÉNERGIE DURABLE
La sobriété énergétique est une tradition dans cette maison centenaire. Pour l’anecdote, en 1973, les Américains avaient dépêché la Rand Corporation pour percer le secret de ses coûts. La réponse était simple : sobriété des moyens et des structures.
L’immense toit de l’usine de Cergy est équipé de panneaux photovoltaïques assurant 20% des besoins en électricité de l’usine. Le Directeur de l’usine nous précise que Cergy consomme 30 % de moins d’énergie qu’Argenteuil et que le bilan en consommation d’eau et émission de CO2 est très satisfaisant.
Les bâtiments sont conçus et aménagés en vue d’économiser l’énergie y compris humaine.
Les véhicules de service sont électriques ou hybrides.
Dassault Aviation s’enorgueillit de figurer parmi les entreprises les plus performantes en matière de décarbonation, citées par « Climate Leaders 2023 » du Financial Times.
LE VAL D’OISE VERT
En plus des moyens spartiates découverts par la Rand Corporation, il y a aujourd’hui une volonté chez Dassault d’être également les meilleurs en matière de décarbonation. La société annonce que tous les Falcon en service sont déjà aptes à consommer des carburants durables à 50%. Le Falcon 10X sera nativement capable de 100%.
La société Dassault travaille aussi sur l'aérodynamique et la masse des avions sur la gestion des vols....et va même, s'agissant du Val d'Oise jusqu'à participer à la sixième campagne de plantation de la nouvelle forêt de Maubuisson, non loin de Cergy.
1340 hectares de forêt vont ainsi servir de puits à CO2
Tous ces efforts parviendront-ils à ramener certaines ONG, ainsi que des politiques, à de meilleurs sentiments envers les avions ?
CERGY : CADRE DE TRAVAIL, CADRE DE VIE
Au cadre de travail s’ajoute un cadre de vie soigné et agréable.
Les abords de l’usine témoignent du souci du maître d’ouvrage d’offrir un environnement accueillant. L'usine est à peine achevée que ses abords ont reçu une végétation « adulte ».

Selon le secrétaire du CSE, le personnel est satisfait des conditions de travail et de vie qui lui sont offertes à Cergy. Température-lumière-propreté sont appréciées. Tout le personnel d’Argenteuil a accepté le transfert à Cergy. Pour être précis, 60 salariés ont été mutés sur d’autres sites à l’occasion des transferts de charges. Personne ne regrette vraiment l’usine d’Argenteuil, même si certains se souviennent, avec un brin de nostalgie, de la vieille usine aux « quatre colonnes » chargée d’un grand passé industriel et social.
Pour beaucoup le trajet domicile-travail est réduit et notre interlocuteur nous précise que les accidents de trajets ont été divisés par deux.
Au cours de notre visite, nous constatons que le personnel est très à l’aise au milieu de toutes ces technologies ultramodernes. Tout se passe comme si ces ouvriers étaient des familiers de longue date de l’IA. Sur cette question le secrétaire du CSE a eu cette réponse merveilleuse : « les améliorations sont tellement progressives que l’on ne s’en rend pas compte !».
Voilà qui contrebat les propos alarmistes que l’on peut lire et entendre sur les épouvantables conséquences attendues de l’IA. Ici, l’informatique savante de la Silicon Valley est utilisée sans complexe, dès lors qu’elle facilite la fabrication des avions…
L’usine de Cergy tourne à plein rendement avec 80 % de l’effectif de production en équipe 2x8.
Une vingtaine de personnes assurent des travaux de nuit. Tous volontaires.
À la lecture de ce compte-rendu forcément élogieux, nos lecteurs vont se demander si nous avons perdu l’esprit critique habituel dans les colonnes de notre lettre. Nous avons poussé le représentant du personnel dans ses retranchements pour trouver quelque imperfection.
Alors ? « Certes, tout est très bien, mais si nous avions un peu plus de place… ». « Certes le restaurant est beaucoup mieux qu’à Argenteuil, mais il est plus cher ».
Chers lecteurs, êtes-vous rassurés ?
CONCLUSION
Au terme de cette visite, nous concluons que Cergy est une magnifique vitrine, proche de Paris, que Dassault ne manquera pas de présenter à ses clients étrangers.
Nous retenons que Dassault Aviation reste fidèle aux grands principes ayant assuré sa réussite centenaire.
À Cergy, l’activité est française et rassemble des coopérants français.
À Cergy, l’activité est sous le contrôle du maître d’œuvre, responsable en dernier ressort.
À Cergy, on marie un savoir-faire très ancien aux technologies les plus modernes de l’IA.
À Cergy, une force tranquille montera la cadence à 4 Rafale/mois, ou 5 au besoin.
À Cergy, on a une confiance totale dans l’avenir de l’industrie aéronautique française.
À Cergy, on a une foi inébranlable en l’avenir du Rafale et des avions d’affaires.
À Cergy, nous avons un bel exemple du « MADE IN France ».
Définitions
Le lean manufacturing ou lean : signifie que l’on veut produire le plus possible avec les moyens les plus réduits possibles. Il faut « jeter » ce qui n’est pas indispensable.
5S : procède de la même idée. Les 5 S sont cinq mots japonais :
Seiri : débarras
Seiton : rangement
Seiso : nettoyage
Seiketsu : ordre
Shitsuke : rigueur
Hoshin : percée. Concentration des efforts pour résoudre un problème. « Tout le monde sur le pont » en quelque sorte.
Kanban : ordre de fabrication. Gestion des stocks.
SCEMD : Single Minute Exchange of die. On change de sujet à la minute. Réactivité.
TPM : Total Productive Maintenance.
PDCA : Préparer, Do (faire). Contrôler. Agir.
l’ERP : Entreprise Ressource Planning …
Sources
• "Rafale : Si nouveau succès à l'export, l'usine Dassault de Cergy peut encore monter en cadence" Le 29/09/2025 Hassan Meddah usinenouvelle.com
• "Terra Data" Serge Abiteboul et Valérie Peugeot Édition le Pommier www.universcience.fr
• "En attendant les robots" Antonio CASILI Édition Points
• "La guerre des intelligences" Dr Laurent Alexandre Édition JC Lattès