Lettre TBM n°59 —

Analyse au vol

« Détrumpiser » Boeing

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Renvoyons dos à dos les éternels pessimistes, Cassandre ou pourfendeurs ultra-écologistes du transport aérien mais aussi les irréalistes qui pourraient penser que les crises et tensions n'affectent pas le trafic aérien et que sa courbe de progression se maintiendra ad vitam aeternam au dessus des 5% par an.

Les chiffres du transport et de l’industrie du ciel pour 2025 et pour ce début 2026 donnent d’abord tort aux premiers : oui, le secteur se porte bien, il continue à se remettre des années Covid (assez vite digérées finalement), le trafic progresse, les commandes et les livraisons sont en hausse. Même Boeing semble peu à peu sortir de ses années de plomb liées aux difficultés - c’est un euphémisme - du 737 MAX et du 787. Quant à Airbus, un temps victime de son succès avec une organisation industrielle sous forte tension, il retrouve des marges de manœuvre que l’ouverture récente d’une nouvelle chaîne de production à Toulouse Blagnac devrait encore amplifier. En attendant de s’attaquer au vif du sujet des prochaines décennies à savoir la succession de la gamme best-seller A320 qui donnera sans doute lieu à un nouveau bras de fer délicat entre Français et Allemands. Mais nous n’en sommes pas encore là. Ne gâchons pas le plaisir du leadership aéronautique européen réaffirmé.