Lettre TBM n°55 —

Analyse au vol

Le temps nécessaire pour élever le plus grand des faucons

+

L’une des forces de la maison Dassault – atout des entreprises familiales -, c’est de prendre le temps. Et notamment le temps de lancer de nouveaux modèles et d’investir de nouveaux segments. Prendre le temps de s’assurer qu’il existe bien un marché, qu’il y a de la place face à la concurrence, qu’il y aura un retour sur investissement.

Rien que de très normal me direz-vous dans une société bien gérée. Mais force est de constater que dans un secteur de l’aéronautique qui combine le paradoxe d’être très capitalistique, avec des investissements extrêmement élevés, et très émotionnel – « un bel avion est un bon avion » disait Marcel Dassault -, ces préceptes ne sont pas toujours suivis à la lettre. Chez la firme au trèfle à quatre feuilles, si, et plutôt deux fois qu’une.

Malgré la cohorte des anciens détracteurs du Rafale – dont ceux qui assuraient que jamais cet appareil ne pourrait être utilisé sur porte-avions -, les dirigeants n’ont jamais perdu l’espoir de vendre leur avion de combat à l’export et ces dix dernières années ont prouvé, ô combien, à quel point ils avaient raison d’être confiants. Les Cassandre, eux, sont partis se perdre dans les oubliettes de l’histoire politico-militaro-médiatique.

Dans le secteur des avions d’affaires, autre grande spécialité de la maison, c’est la prudence de la direction qui a prévalu pendant de très longues années sur le créneau des appareils d’hyper-luxe à très long rayon d’action, jusque-là trusté par les nord-américains Gulfstream et Bombardier.