Lettre TBM n°62 —

Analyse au vol

« Un chef, c’est fait pour cheffer »

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Nous nous sommes déjà fait la réflexion mais comme il est rare de parcourir une prise de parole claire, sincère, vraie comme celle d’Éric Trappier. Une prise de parole qui ne soit pas politique en ces temps qui le sont tellement, qui ne cherche pas à plaire ni à calculer. Sur la complémentarité civil-militaire, sur l’avenir du Rafale, sur la coopération, sur les véritables raisons du divorce autour du SCAF (ainsi que sur les tensions France-Allemagne et Dassault-Airbus), sur l’aviation d’affaire et les enjeux du Falcon 10X, sur la souveraineté enfin : pas d’esquive, pas d’esbrouffe, pas d’orgueil mal placé ni d’humilité feinte. Comme on souhaiterait que tout discours de dirigeant, d’entreprise, de parti ou de gouvernement, de syndicat, d’institution, d’organisation qu’elle soit gouvernementale ou non gouvernemental (ONG) ait cette efficacité.

La force qui sous-tend cette parole a un nom : elle s’appelle le leadership. Un leadership dont le PDG du groupe Dassault ne manque pas comme en témoignent ses paroles : « le leader n’est pas celui qui fait tout ! Être maître d’œuvre d’un programme, ce n’est pas une fonction honorifique ou une question d’ego ; c’est assumer la responsabilité du programme devant le maître d’ouvrage (coûts, qualité, délais). Et pour pouvoir accepter cette responsabilité, il faut être en mesure de décider en dernier ressort : décider que tel sous-traitant est efficace ou non ; décider la définition des formes de l’avion ; décider les grands compromis techniques (par exemple, furtivité versus maniabilité, ou capacité d’emport et autonomie versus taille/masse/prix/navalisation) ; décider si la mise en vol est possible, etc. »